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Déclaration – La réconciliation, c'est lutter contre la haine


Ottawa (Ontario) – Commission canadienne des droits de la personne

À la veille de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, Charlotte-Anne Malischewski, présidente, Christopher T. Sutton, commissaire à l’accessibilité, Lori Straznicky, commissaire à l’équité salariale, et Marie-Josée Houle, défenseure fédérale du logement, font la déclaration suivante :

Le 30 septembre marque à la fois la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation et la Journée du chandail orange. Il s’agit d’une journée consacrée à rendre hommage aux survivants et survivantes des pensionnats, ainsi qu’à leurs familles et leurs communautés, à se souvenir des enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux et à réfléchir à notre responsabilité collective de faire progresser la réconciliation au Canada.

Les récents gestes racistes et haineux posés à l’encontre de la Première nation Tk’emlúps te Secwépemc nous rappellent avec force pourquoi la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation est essentielle. Nous condamnons ces gestes et exprimons notre solidarité envers la Première nation Tk’emlúps te Secwépemc, les personnes survivantes, leurs familles et la communauté. Ces événements nous rappellent que la réconciliation ne consiste pas seulement à reconnaître les torts du passé. Elle passe aussi par la lutte contre le racisme envers les Autochtones et le déni du drame des pensionnats. Car étouffer cette réalité, c’est faire obstacle à la réconciliation.

La réconciliation exige que nous connaissions et reconnaissions la vérité sur notre histoire ainsi que les blessures profondes laissées par le système des pensionnats autochtones au Canada, notamment la perte des langues, de l’identité et de la culture, ainsi que l’effritement des liens familiaux et communautaires. Elle exige aussi que nous nous attaquions à la discrimination systémique qui persiste dans des domaines comme le maintien de l’ordre, la protection de l’enfance et le logement. Nous devons écouter les personnes survivantes, leurs familles et les communautés autochtones, et laisser leurs voix et leurs vérités montrer la voie vers la guérison.

La réconciliation exige des progrès plus importants dans la mise en œuvre des appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation et des appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Elle exige aussi le plein respect des droits individuels et collectifs des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Nous nous unissons pour demander la pleine mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui affirme le droit des peuples autochtones à l’autodétermination, à la culture, à la langue et au territoire. Et nous appuyons la création de mécanismes de protection des droits de la personne conçus par les peuples autochtones, pour les peuples autochtones.

Si nous voulons tirer des leçons des torts causés par notre passé et bâtir ensemble un avenir meilleur, nous devons lutter contre le racisme envers les Autochtones, ainsi que renforcer et défendre les droits fondamentaux de tous les peuples autochtones.

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