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Un nouveau rapport demande des mesures d'urgence améliorées pour les Premières Nations


– Ottawa (Ontario) – Bureau du défenseur fédéral du logement

Dans un rapport publié aujourd'hui, la défenseure fédérale du logement demande que de nouvelles mesures soient prises pour mieux protéger les communautés des Premières Nations qui se retrouvent dans des situations d'urgence ou des feux de forêt engendrés par le changement climatique. Publié en collaboration avec l'Assemblée des Premières Nations (APN) sous le titre « Maintenir le droit au logement dans un climat changeant », le rapport met en lumière les lacunes systémiques concernant les interventions qui menacent la sécurité, la dignité et le droit au logement des communautés des Premières Nations.

À la suite d'une saison de feux de forêt dévastatrice en 2025 qui a touché 134 Premières Nations et forcé l'évacuation de plus de 40 000 personnes, la défenseure fédérale et l'APN ont analysé les intersections entre le changement climatique, la gestion des urgences et le droit à un logement. Pour rédiger leur rapport, la défenseure et l'APN ont entendu les témoignages de des dirigeants des Premières Nations, des experts, des fournisseurs de logements et des détenteurs de droits ayant une expérience vécue de l'évacuation et du déplacement.

La défenseure et l'APN ont été informées que les systèmes d'urgence actuels ne sont pas adaptés aux communautés des Premières Nations. Ces systèmes sont de nature réactive et axée sur l'évacuation et le rétablissement – plutôt que sur la prévention et la résilience à long terme. De plus, les Premières Nations gèrent leurs activités dans un contexte de sous-financement systémique et d'absence d'autodétermination, y compris dans le domaine du logement. Mises ensemble, ces situations exposent les gens à un risque accru et font en sorte qu'il est difficile de fournir des logements sécuritaires et adéquats, et ce, avant, pendant et après les situations d'urgence.

Les expériences dont il est question dans le rapport mettent en lumière le non-respect des droits fondamentaux des membres des Premières Nations, comme le droit à un logement adéquat. De nombreuses évacuations ont eu lieu dans des communautés isolées des Premières Nations présentant de graves déficits de logement et d'infrastructure, ce qui les rend encore plus vulnérables aux conséquences d'un déplacement, comme des logements surpeuplés ou des habitations nécessitant des réparations majeures, jusqu'à des infrastructures insuffisantes pour la prévention des feux et la lutte contre les incendies. Pendant ce temps, les personnes évacuées ont dit avoir été confrontées à des conditions dangereuses, à la séparation familiale, à la dégradation et à l'absence de soutien culturellement adéquat. Avec des délais indéfinis pour remettre leurs maisons en état ou retourner dans leur communauté, beaucoup sont confrontés à la précarité en matière de logement et à des risques accrus d'itinérance.

Le rapport fournit 10 recommandations pour donner la priorité à ce dont les Premières Nations ont besoin pour protéger leurs communautés. Elles portent principalement sur la nécessité d'agir concernant le changement climatique, d'améliorer la gestion des urgences et la préparation aux urgences à tous les niveaux, y compris en considérant les Premières Nations comme des partenaires à part entière au moment de planifier et de coordonner les mesures d'urgence pour leurs communautés et faire en sorte que les logements et les infrastructures soient résistants et adéquats.

Malgré les nombreuses difficultés, il existe des exemples convaincants de solutions adoptées par les Autochtones qui peuvent s'appliquer à l'échelle nationale. La défenseure appelle à une transformation; celle qui met à profit des approches préventives, fondées sur les droits et ancrées dans le leadership et les connaissances des Premières Nations en vue d'assurer la pérennité des communautés et de permettre à chaque personne d'avoir un logement adéquat dans un climat qui change.

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Citations

« Les urgences climatiques font ressortir et aggravent les iniquités historiques en matière de logements et d'infrastructures dans les communautés des Premières Nations. Le droit à un logement adéquat ne disparait pas durant un feu de forêt, une inondation, une évacuation ou un rétablissement. Les gouvernements doivent travailler concrètement en partenariat avec les Premières Nations pour changer les interventions d'urgence réactives en approches préventives fondées sur les droits et ancrées dans le leadership des Premières Nations. Il faut agir maintenant pour que les communautés soient en sécurité et qu'elles conservent leurs logements malgré le climat changeant. »

–Marie-Josée Houle, défenseure fédérale du logement

« Année après année, les Premières Nations sont frappées par des situations d'urgence dévastatrices liées au climat et par leurs conséquences. Celles-ci mettent en évidence une vulnérabilité accrue ainsi que des lacunes systémiques dans les services d'urgence et les ressources destinées aux Premières Nations. Il est temps que le gouvernement du Canada réalise des investissements à long terme en faveur des Premières Nations afin de les préparer au changement climatique et aux phénomènes climatiques extrêmes. Ces investissements doivent notamment permettre de par combler l'écart en matière d'infrastructure, ainsi que de faire respecter les droits des Premières Nations et leur compétence. Le Canada doit mobiliser les ressources nécessaires pour protéger notre peuple et nos droits. C'est l'occasion de tirer parti de la force du leadership des Premières Nations pour renforcer la résilience face au changement climatique. Les Premières Nations sont des partenaires fondamentaux au Canada. »

– Cindy Woodhouse Nepinak, cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations

Recommandations

La défenseure et l'APN formulent les recommandations communes suivantes :

  1. Donner la priorité à l'action climatique en intégrant la modélisation des risques climatiques dans la planification et en renforçant la résilience climatique des logements pour les Premières Nations, ce qui inclut le respect, la promotion et la sauvegarde des systèmes de connaissances, des droits et de l'autodétermination des Premières Nations.
  2. Travailler en partenariat avec les Premières Nations pour définir les priorités, les objectifs et les ressources nécessaires pour répondre aux urgences climatiques ayant une incidence sur les terres, les eaux et l'air des Premières Nations.
  3. Mettre en place une autorité nationale tripartite intégrée de gouvernance de la gestion des urgences qui définit clairement les rôles et les responsabilités de tous les ministères fédéraux et provinciaux et des gouvernements des Premières Nations. Il s'agit notamment d'améliorer le partage des données entre tous les gouvernements et de garantir l'accès des Premières Nations aux données.
  4. Travailler en partenariat avec les Premières Nations pour créer une institution nationale de sécurité incendie et d'intendance dirigée par les Premières Nations, qui soutient l'élaboration, la mise en œuvre et le suivi des stratégies de gestion et de prévention des urgences, des plans d'action et des évaluations des risques.
  5. Renforcer et financer la gestion des urgences dirigée par les Premières Nations au niveau communautaire, régional et national en améliorant la capacité financière, technique et humaine des Premières Nations à mener des évaluations et une surveillance communautaires tenant compte du changement climatique. Il s'agit notamment d'examiner la disponibilité des données, la capacité opérationnelle, les services locaux de lutte contre les incendies et les parcours de formation des jeunes à la gestion des situations d'urgence et à l'intendance des incendies.
  6. Travailler en étroite collaboration avec les Premières Nations pour élaborer et mettre en œuvre une stratégie de logement d'urgence climatique pour les Premières Nations qui couvre l'hébergement en cas d'évacuation, l'accueil en milieu urbain, le financement du retour rapide chez soi et la reconstruction résiliente au changement climatique, et qui comprend des normes pour les communautés d'accueil qui répondent aux besoins des évacués des Premières Nations.
  7. Établir un cadre national de surveillance des droits de la personne mené par des Autochtones avec comme mandat les déplacements climatiques et le logement et qui publiera des rapports publics et aura des mécanismes de responsabilité clairs.
  8. Indemniser les Premières Nations en leur accordant des terres nouvelles ou supplémentaires en compensation des terres qu'elles ont perdues ou qu'elles pourraient perdre à l'avenir en raison du changement climatique.
  9. Consacrer un maximum de ressources pour donner la priorité aux communautés des Premières Nations exposées à des risques de pertes catastrophiques et combler le déficit de 349,2 milliards de dollars en matière d'infrastructures des Premières Nations grâce à des investissements soutenus dans le logement, l'approvisionnement en eau et les services d'urgence, y compris 30 milliards de dollars destinés à l'adaptation au changement climatique, conformément aux recommandations du rapport de l'APN intitulé « Combler le déficit d'infrastructures d'ici à 2030 ».
  10. Collaborer avec les Premières Nations afin de soutenir la création d'une captive d'assurance des Premières Nations qui visera à remédier aux inégalités systémiques en matière de couverture d'assurance pour les infrastructures et les logements des Premières Nations, à fournir un outil permettant d'assurer l'entretien des immobilisations sur les réserves et à renforcer la gouvernance.

En bref

  • La saison des feux 2025 a marqué un tournant dans la relation du Canada avec le changement climatique, la gestion des urgences et le droit des Premières Nations à un logement convenable. Cent trente-quatre Premières Nations ont été directement touchées par les feux de forêt, au moins 88 communautés ont été évacuées, et plus de 40 000 citoyens des Premières Nations ont été déplacés de leurs maisons et de leurs terres d'origine. Ces évacuations, qui se sont souvent échelonnées sur des semaines ou des mois, ont révélé des vulnérabilités structurelles profondes au niveau du logement, des infrastructures, de la gestion des situations d'urgence et des systèmes d'assurance.
  • Les données nationales indiquent que les membres des Premières Nations vivant dans les réserves sont confrontés à un taux de mortalité lié aux incendies plus de dix fois supérieur à celui des personnes non autochtones au Canada. Les victimes autochtones sont en moyenne deux décennies plus jeunes au moment de leur décès, et la majorité d'entre elles vivaient dans des logements nécessitant des réparations importantes. Les incendies dans les communautés autochtones sont plus susceptibles d'impliquer des détecteurs de fumée non fonctionnels, des équipements de chauffage dangereux et une intervention d'urgence tardive.

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(343) 630-1372 (cellulaire)
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