2 novembre 2023 – Ottawa (Ontario) – Bureau du défenseur fédéral du logement
Aujourd’hui, le Bureau du défenseur fédéral du logement a publié une nouvelle analyse de la pénurie de logements au Canada, qui révèle qu’il manque 4,4 millions de logements abordables pour les personnes ayant besoin d’un logement.
Les chiffres montrent un déficit actuel de 3 millions de logements pour les ménages à faible et très faible revenu qui ont besoin d’un logement et qui ont un budget inférieur à 1 050 $ par mois, et de 1,4 million de logements pour les ménages à revenu modique et médian qui ont besoin d’un logement.
En d’autres termes, pour rétablir l’abordabilité du système de logement canadien il faut créer 4,4 millions de logements abordables et accessibles en permanence.
Le rapport produit par Carolyn Whitzman, experte en politique du logement, applique une approche fondée sur les droits de la personne à l’analyse des besoins en matière d’offre de logements au Canada. Ses calculs tiennent compte des besoins en matière de logement dans l’ensemble du pays par catégorie de revenu, taille des ménages et population prioritaire.
Pour la première fois, le rapport inclut les étudiants, les personnes en situation d’itinérance et les personnes vivant dans des logements collectifs – comme les établissements de soins de longue durée ou les logements supervisés pour les personnes en situation de handicap – dans le dénombrement des personnes ayant des « besoins impérieux en matière de logement ».
Le rapport publié aujourd’hui présente une nouvelle façon d’envisager l’offre de logements au Canada. Il se concentre sur la situation des personnes les plus touchées par le logement inadéquat et l’itinérance, et sur le type de logement qui répondra réellement à leurs besoins.
À titre de comparaison, le rapport 2022 de la SCHL sur les défis liés à l’offre de logements au Canada estimait le déficit de l’offre en fonction de la demande de logements – y compris la demande des investisseurs – plutôt qu’en fonction des besoins en matière de logement, et il ne tenait compte que des coûts d’accession à la propriété, et non de l’abordabilité pour les locataires. Ce rapport estimait que 5,8 millions de nouveaux logements seraient nécessaires d’ici 2031 pour que le système de logement canadien redevienne abordable.
Le rapport publié aujourd’hui s’appuie également sur un cadre de référence des droits de la personne pour estimer les besoins en matière d’offre de logements pour la prochaine décennie. Il prévoit qu’en plus des besoins actuels, le Canada devra ajouter 9,6 millions de nouveaux logements au cours des dix prochaines années, dont un tiers sera réservé aux ménages à très faible revenu ou à revenu modique.
Aborder la question de la pénurie de logements au Canada sous l’angle des droits de la personne n’est en fait qu’un premier pas vers un plan plus vaste visant à mettre fin aux logements inadéquats dans l’ensemble du pays.
Le rapport présente des recommandations visant à améliorer les données nationales sur les besoins en matière de logement, qui doivent inclure le revenu, les prix maximums abordables, la taille des ménages et des données démographiques sur les personnes les plus vulnérables, telles que les mères célibataires, les Autochtones et les personnes racisées.
Il s’agit d’un problème complexe qui nécessite un ensemble de solutions. Le Canada doit certes accroître son offre de logements, encore faut-il qu’il s’agisse du bon type d’offre, qui réponde aux besoins les plus criants.
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« Le Canada a besoin d’un plan à long terme pour combler le déficit de logements abordables. Il doit comprendre des investissements publics significatifs et durables dans les logements hors-marché – comme les coopératives, les logements sans but lucratif et les logements publics. À terme, l’objectif est de mettre en place un système de logement durable. Pour y parvenir, il est essentiel d’adopter une approche fondée sur les droits de la personne qui fait passer les personnes avant les profits, ainsi que des programmes qui répondent à leurs besoins. »
« Pour remédier à la pénurie de logements au Canada, nous devons examiner de près la situation des personnes qui ont besoin de logement, et le type de logement qui répondra réellement à leurs besoins. Aborder la question de la pénurie de logements au Canada sous l’angle des droits de la personne n’est en fait qu’un premier pas vers un plan plus vaste visant à mettre fin aux logements inadéquats dans l’ensemble du pays. »
Les recommandations du rapport sont les suivantes :
Bureau du défenseur fédéral du logement
613-943-9118
communications@chrc-ccdp.gc.ca
Dre Carolyn Whitzman
Chercheuse en politique du logement et conseillère-experte, projet HART (Housing Assessment Resource Tools)
613-818-0478
cwhitzma@uottawa.ca